Les prérequis arrivent à la fin ?  On aura tout vu dans ce tutoriel !
 
J'ai hésité à aborder ces questions car elles arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe. Mais je ne voulais pas commencer cet article en prenant le risque de décourager mes lecteurs.
Il me semble nécessaire de souligner que la Visualisation ne s'adresse pas aux grands débutants.  Il serait contreproductif de vouloir s'intéresser trop tôt à ce travail de réflexion et de conception de vos images. Pour pouvoir s'y consacrer pleinement, il faut bien connaître son matériel, avoir l'habitude de l'utiliser, et évidemment ne plus balbutier les bases de la photographie.
Avec un peu d'habitude, vous pourrez même envisager différents rapports de taille dès sa conception  :  3:2  4:3  4:5  1:1  16:9  etc. Mais même si certains appareils le permettent, je vous déconseille de croper votre image à la prise de vue.  Mieux vaut le faire tranquillement derrière son écran : vos regrets éventuels ne seront pas éternels.
À quoi aimerais-tu que ta photo ressemble ?
État d'Esprit
Comportements
Prérequis
 
En Conclusion
Pour aller plus loin
* en RAW car en JPG ça se complique : voir "Bien utiliser l'histogramme."
Un auteur-photographe n'est pas un documentaliste.
 
Il n'est pas supposé témoigner d'une réalité, mais livrer SA vision du monde.
C'est pourquoi j'ai choisi d'illustrer mon propos à l'aide de cette photo qui a été prise à l'extrémité sud-ouest de la presqu'île de Quiberon lors de la tempête Kurt en janvier 2017.
Elle a été réalisée au 300 mm et à main levée alors que les vents soufflaient à 130 km/h. Je savais donc à l'avance que mon cadrage risquait d'être un peu approximatif.
J'en vois déjà ricaner. L'horizon est au milieu et la maison est plutôt mal placée. Mais je n'avais de toutes façons pas vraiment le choix. Mon sujet n'est pas le Château Turpault, mais les déferlantes. Cadrer plus à droite pour mieux positionner l'arrière plan n'était donc pas la solution. Le choix du format panoramique, ainsi que le "déplacement du château" au moment du post-traitement, ont donc été prémédités avant même de déclencher.
 
N'hésitez pas à jouer sur les 2 tableaux. Mais ne comptez pas que sur la retouche : l'idée est de corriger ce qui n'était pas réalisable lors de la prise de vue, pas de rattraper vos étourderies.
4 tutos pour approfondir la question :
Yes, it's in English.
Fallait pas sécher les cours.
www.brucepercy.co.uk
Bruce Percy (encore lui) a pondu un excellent ouvrage sur le sujet.
 
Il y décortique tout ce qui peut vous aider à imaginer vos futures photos avant même de les prendre.
 
Alors si vous voulez approfondir la question, c'est à déguster sans modération !
Pour aller plus loin
 
La Visualisation peut apparaitre comme une étape optionnelle, ou même superflue.
 
Pour moi, elle est devenue incontournable. Et j'ai le sentiment qu'elle m'a vraiment permis de franchir une étape.
 
Elle n'est peut être pas la solution miracle pour tous les photographes paysagistes.
Mais vous ne risquez pas grand chose à essayer :
En conclusion
 
Une bonne compo repose aussi sur ce qu'on va décider d'exclure du cadre.
Mais il est évidemment difficile de vous montrer ce que j'ai décidé de ne pas cadrer au moment de la prise de vue. 
Soyez sélectifs
Explorez toutes les possibilités.
Un paysage peut être photographié au format paysage ... mais pas seulement.
Un cadrage vertical apporte souvent plus de dynamique à l'image.
Et un carré est souvent très élégant.
Jonglez avec les cadrages
Savoir ce que l'on veut
aide toujours à se projeter.
Que vous vouliez jouer la carte de la douceur, ou au contraire dramatiser l’ambiance, ne changera rien à vos réglages lors de la prise de vue *.
 
Mais avoir en tête l’atmosphère que vous voudrez restituer lors du post-traitement vous aidera à visualiser votre future image.
Intégrez le post-traitement
Réussir à visualiser
les différents effets
réalisables en pose longue
enrichit votre palette créative.
En jouant sur la vitesse d’obturation, vous pouvez introduire du mouvement dans vos images.
 
Et même combiner plusieurs poses pour servir votre propos. Pour en savoir plus à ce sujet, jetez donc un œil à "Devenez les maîtres du temps".
Voyagez dans le temps
Multiplier les images n’est pas l’assurance
d’en obtenir une bonne dans le tas.
Bien au contraire !
 
Alors prenez votre temps et appliquez vous.
Il existe un moyen simple de ne pas louper trop de photos  :  en faire peu
Parcimonie est votre amie
Explorez, furetez, fouinez.
Les meilleures compositions ne se dévoilent pas spontanément.
Ne vous précipitez pas sur votre APN dès que vous arrivez sur site.
 
Prendre le temps de regarder permet d’envisager plusieurs cadrages, de dénicher des premiers plans plus intéressants, de considérer des angles de vue plus inventifs.
On se calme !
Je viens de l'évoquer, mais le sujet est d'importance. Alors j'en remet une louche : une bonne photo de paysage ne se fait pas n’importe où, n’importe quand et par n’importe quel temps.
 
L’endroit doit vous plaire.
 
La lumière aussi.
 
La météo doit correspondre à vos désirs.
Préparez votre coup
COMPORTEMENTS
 
Faire des photos sans réfléchir, ça ne marche pas.
Mais refouler ses émotions non plus.
Spontanéité
Ne conceptualisez pas trop pour garder de la
Tout comme
dans la pratique d'un sport,
y a des jours
où c'est pas l' jour.
Entêtement
Mais si rien ne vous inspire
évitez de sombrer dans l'
Guettez ces signes de jubilation
et profitez en :
la chasse va être bonne !
Plénitude
Parfois, tout se met naturellement en place
et vous atteignez la
Réussissez la quadrature du cercle
Il arrive fréquemment que l'exercice de visualisation commence avant même d'être sur site.
 
Les blockhaus de Tréguennec font partie de mes spots préférés. J'y ai souvent réalisé des images et je souhaitais y retourner pour compléter une série N&B. Je savais donc ce que j'allais y trouver et ce je voulais. Restait à réunir des conditions favorables.
 
Mon intention était de jouer sur l'opposition des textures entre l'apreté du béton et la douceur environnante. Je ne devais donc pas y aller à marée basse : le sable, même en pose longue, n'est pas très soyeux. Mais il me fallait aussi éviter la pleine mer car mon Nikon ne sait pas encore nager.
 
Il me fallait aussi quelques nuages, mais pas trop contrastés. Ainsi que du vent pour apporter un peu de mouvement dans le ciel. Mais de ce côté là, on assure grave en Bretagne : le vent et les nuages, on connait.
 
Concernant la composition, je n'avais pas trop le choix. Impossible de cadrer plus à gauche car un autre élément s'invitait dans le viseur. J'ai donc choisi d'inclure un bout du blockhaus de droite en sachant pertinemment que j'allais le dynamiter dans Photoshop.
 
Dernier choix, mais que je n'ai pas fait à chaud, le format de l'image. Le format d'origine était trop étiré horizontalement, mais le carré trop étriqué. Je trouve qu'un 4:5 lui va bien.
 
Survolez l'image pour passer de la (presque) réalité à ma photo finalisée.
« Tu ne prends pas une photo.  Tu la fais. »  Ansel Adams
les lumières, les contrastes, les couleurs peuvent être durcis ou bien adoucis.
.
d’autres peuvent être supprimés lors du post-traitement.
.
des éléments peuvent être inclus ou exclus lors du cadrage,
.
en jouant sur la vitesse d’obturation, le temps peut être ralenti ou bien figé,
.
suivant la focale que vous allez choisir, les perspectives peuvent être exagérées ou au contraire compressées,
.
Affranchissez-vous des contraintes :
Interprétez la réalité
© Walt Disney
Rêvez vos images !
Faîtes-vous une représentation en 2D
de ce que vous voyez en 3D.
Avant de sortir votre appareil, avant de fignoler votre cadrage, avant de peaufiner vos réglages, il vous faut imaginer à quoi vous aimeriez que votre photo ressemble.
Prévisualisez vos photos
Oubliez vos influences.
Elles transparaitront toujours (positivement)
dans vos images.
Inspirez-vous des photographes que vous admirez,
Mémorisez leurs cadrages,
Imprégnez-vous de leurs atmosphères,
 
Mais ...
 
Restez vous-mêmes..
Imprimez votre patte
© Jeanloup Sieff
Aimer son sujet
est un paramètre essentiel
dans la réussite de ses images.
Photographiez ce que vous aimez.
 
Si vous rêvez de Bora-Bora, n'allez pas vous geler en Islande.
 
Si vous fantasmez sur les Lofoten, fuyez la Corse au mois d'août.
 
Le conseil peut sembler idiot, mais il est sans doute beaucoup plus important qu'il n'en a l'air.  Quand on fait des images sans en avoir vraiment envie, on ne ramène rien de bon. Il faut aimer photographier la nature bien sûr, mais il faut aussi aimer la région, ses paysages, son atmosphère, ses habitants, sa météo.
©?
Motivés, motivés !
ÉTAT D'ESPRIT
 
L’essentiel n’est pas tant de découvrir ce que vous faites
que d’expliciter ce que vous aimeriez faire.
Votre "patte" devrait commencer à apparaitre.
 
Et si l'image vous semble un peu floue, ne cherchez pas à être trop cartésien dans votre analyse.
Soumettez ces photos à la critique. Répondre aux questions, expliquer ses cadrages, justifier ses choix aide à y voir clair sur sa propre façon d’élaborer une image.
Les occasions ne manquent pas de montrer ses œuvres, que ce soit dans un Club photo ou sur le net. 
Rassemblez les photos qui vous semblent présentables, de vos débuts à aujourd’hui.
Établissez votre Top 20, classez les par ordre chrono et examinez les soigneusement.
Quel est votre registre ? La force ? La douceur ?  Quelles focales utilisez-vous le plus fréquemment ?
Y a-t-il du mouvement dans vos images ? Quel usage faites-vous du 1er plan ?
Quels formats et quelles orientations préférez-vous ? Etc. Faites vous une idée de votre "œuvre" le plus objectivement possible.
À moins d’être vraiment débutant, vous avez sans doute déjà un style.
En être conscient est important car cela influence votre façon de voir et de composer.
 
Pour découvrir votre style :
Connaissez votre style
Ayez en tête le cadrage type de vos focales préférées.
 
Savoir ce que cadrerait un 20 mm, ou un 35, ou encore un 50, aide à visualiser votre future photo.
 
Plutôt que d’offrir de la flexibilité, les zooms apportent surtout de la confusion : impossible de mémoriser tous les cadrages disponibles.
 
Préférez un nombre limité de focales fixes.
Ou bien obligez vous à n’utiliser que quelques focales sur votre zoom. Ça peut sembler crétin, mais ça ne l'est pas tant que ça  ;-)
Soyez conscients des limites de votre capteur en matière de plage dynamique.
 
Si l’écart de luminosité est trop important,
 


Mais ne vous obstinez pas : chercher à réussir l’impossible prend un temps fou !
Et moins on y arrive, plus on s'énerve.
Connaissez votre matériel
Connaissez par cœur les commandes de votre APN, tout au moins celles dont vous pourriez avoir besoin.
Pour la photo de paysages, les réglages fins de l'autofocus en suivi dynamique ne vous serviront à rien.
Mais savoir relever le miroir, régler une température Kelvin, débrayer l'AF, passer en mode BULB, activer la réduction de bruit de pose longue, ça c'est utile !
Ce n'est plus le moment de réviser.
Maitriser les réglages d'exposition et bien savoir gérer la profondeur de champ est indispensable.
Réglages
Bases
Sac
Ne vous polluez pas l'esprit
Attribuez une place à chaque chose et n’en dérogez pas !
S’il vous faut fouiller dans une dizaine de poches pour retrouver votre déclencheur souple, ça va vous énerver.  Pas l’idéal pour favoriser votre créativité artistique ...
PRÉREQUIS
 
 
Beaucoup de photographes paysagistes (et moi le premier durant de nombreuses années) se contentent de mettre l'œil dans le viseur et de composer leur image "en live". Ils zappent inconsciemment une étape, celle de la visualisation.  Et c'est bien dommage !
 
Car prendre le temps de rêver sa future photo, de considérer ce qu'on va garder ou exclure du cadre, d'imaginer quelle atmosphère on va essayer de restituer lors du post-traitement, est extrêmement bénéfique.  On fait moins d'images. On les fait mieux. On est plus souvent content du résultat.
 
Cette approche intéresse prioritairement les photographes qui ne sont pas « bousculés » par leur sujet. Mais à défaut de pouvoir penser leurs photos avant de déclencher, certains ont cette réflexion au moment d’attaquer le post-traitement.
 
J'ai rassemblé ici quelques conseils pour vous aider à pré visualiser vos futurs chefs d'œuvre.
utilisez des filtres dégradés neutres pour assombrir le ciel,
ou faites un bracketing d’exposition,
ou privilégiez les hautes lumières quitte à boucher les ombres.
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